Leslie Marel , CEO, BIOMAREL : “Au mieux on réussi, au pire on apprend !”

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Tout d’abord, comment allez-vous et comment va votre famille en ces temps de COVID-19 ?

Leslie Marel : Il est vrai que le COVID-19 est arrivé sans crier gare et maintenant fait parti de notre quotidien. Mais heureusement de notre côté la santé est toujours là et nous avançons à travers ce paysage désormais masqué. Alors c’est le plus important. Nous gardons espoir que des temps meilleurs soient devant nous pour que nous puissions de nouveau partager des moments en familles ou entre amis sans craindre la maladie.

Parlez-nous de vous, de votre carrière et de la manière dont vous avez créé ou rejoint BIOMAREL

Leslie Marel : J’ai fait tellement de postes différents avant Biomarel que je ne saurais les compter. Passant de technicien informatique, assistant technique chez un opérateur téléphonique, caissière, assistante administrative pour un cabinet patrimonial à assistante ingénieur dans différents laboratoire de recherche médicale. Mais ma réelle vocation a toujours été la science, la technologie, la médecine.

Après 2 ans en première année de médecine où ma place au classement n’était pas suffisante pour la spécialité choisie j’ai décidé de faire de la biologie. Je voulais devenir neuro-chirurgienne et chercheuse en neuroscience. Alors à défaut d’être médecin j’ai choisi la voie scientifique et j’ai commencé une licence en biologie d’abord en présentiel puis en distanciel. Et pour me spécialiser j’ai décidé de faire un ingénieur en biologie en suivant des cours à distance avec le Conservatoire Nationale des Arts et Métiers de Paris. Bon c’est bien beau tout cela mais comment j’en suis venue à être entrepreneure ?

Comme vous l’avez compris je touche à tout et j’ai voulu proposer mes services à des particuliers en informatique et c’est comme ça que j’ai rencontré Roger à Paris un soir. En lui expliquant comment paramétrer sa boite mail, j’ai vu que sa femme était alitée et de questions en questions je découvre la maladie de Charcot (Sclérose latérale amyotrophique), une maladie neurodégénérative paralysante et handicapante. Je décide de l’aider. En partant d’objets qui existent qui s’appellent des contacteurs, avec mon conjoint Jonathan qui est ingénieur en électronique, nous décidons de lui créer un dispositif lui permettant d’utiliser uniquement sa tête pour contrôler son ordinateur. C’est comme ça qu’est né le BMconnect.

Tout est parti d’un MERCI. Le premier mot que sa femme a écrit était pour nous. Et nous avons décidé de continuer l’aventure et d’améliorer le dispositif et ainsi est né la société Biomarel en 2018. Toute une aventure entrepreneuriale avec son lot de difficulté, mais de beauté et de richesse.

Comment BIOMAREL innove-t-elle?

Leslie Marel : Notre entreprise innove au contact de l’utilisateur finale. À force de rencontres avec des personnes en situation de handicap et de professionnel du secteur nous améliorons nos services, et nous faisons toujours en sorte d’être au plus proche du besoin réel.

Comment la pandémie COVID-19 a-t-elle affecté BIOMAREL et comment gérez-vous cette crise?

Leslie Marel : La pandémie est arrivée au moment où nous devions lancer notre production pour tenir nos délais des précommandes. Hélas ! Nous avons reçu un stop assez violent et avons dû nous réinventer, décaler nos délais, faire patienter les utilisateurs. La digitalisation nous a permis d’être présent et de dire : « On est toujours là, dès que tout cela se calme on revient ». Dans un paysage chaotique où certains de nos amis startuppeurs ont fermé nous sommes encore là, nous nous réinventons pour toujours plus d’innovation.

Avez-vous dû faire des choix difficiles et quelles sont les leçons apprises?

Leslie Marel : Il a fallu restreindre drastiquement nos dépenses, car oui la trésorerie est le nerf de la guerre. Nous avons cru en certaines mesures promises par le gouvernement et nous avons été déçu. Ce que nous en retenons c’est que la meilleure manière de s’en sortir est de faire des choix stratégiques, parfois couteux mais ne pas compter sur une aide providentielle mais bien sur notre savoir-faire. Nous avons dû rendre nos bureaux, restreindre les prestataires et les salariés et ne plus faire de stock pour les commandes mais uniquement de la production à la demande.

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété pendant cette période et comment vous projetez-vous, vous et BIOMAREL dans le futur?

Leslie Marel : IKIGAI. L’ikigaï est une philosophie de vie japonaise qui consiste à trouver un sens à notre vie, un équilibre, une raison de se lever le matin et d’être heureux d’accueillir chaque jour.

C’est une méthode que je vous invite à découvrir et qui m’a permis de comprendre que je ne suis pas mon projet. Il faut savoir couper et se recentrer sur l’essentiel. Tout en gardant un leadership sur les choix concernant l’entreprise. C’est un bon équilibre.

Nous repartons à la case départ et produisons à la commande pour les demandes. Je repars à la conquête des partenaires pour avoir des contrats plus conséquent et monte une levée de fonds pour augmenter les fonds propres. Je le redis pour une entreprise le nerf d’un projet innovant c’est la trésorerie. Avec cette dernière étape nous pourrons commercialiser notre produit sur toute la France et exporter très vite auprès de pays voisins.

Nous envisageons d’ici 1 an de faire grandir notre équipe afin de pouvoir répondre à plus de demande.

Il est évident avec l’année 2020 que nous venons de voir s’écouler, qu’il y a un mot d’ordre : diversifier ses produits pour être prêt à s’adapter à toutes épreuves.

Qui sont vos concurrents et comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu ?

Leslie Marel : Nos concurrents sont des groupes bien établis qui passent par des distributeurs spécialisés bien connus du monde des associations. Pour se démarquer nous avons choisi de faire notre commercialisation seuls pour une première année et d’être au plus près de nos utilisateurs. Ce service complet un peu personnalisé rend plus humain le cycle de vente.

Un mot de la fin ?

Leslie Marel : L’entreprenariat c’est comme le cycle de la vie, il est n’est pas limpide il est riche en émotions (de toutes sortes) mais révélateurs d’une grande capacité d’adaptation. Il ne faut jamais désespérer. Au mieux on réussi au pire on apprend !

Votre site web ?

Leslie Marel : www.biomarel.com

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